« Les artistes ont un rôle important à jouer en tant que conteurs de notre passé turbulent, particulièrement lorsque tant de gestes sincères dont est fait ce passé, ont été arrêtés et mutilés. »
Le thème central de l’œuvre de Marasela (1977) est de faire revivre la mémoire du passé. Son alliance avec des Sud-africains noirs lui a permis de plonger dans le patrimoine sud-africain comme une archiviste. Mais elle donne aussi son point de vue personnel sur l’histoire, introduisant pour ce faire sa propre histoire et celles d’autres dans le cadre historique général.
Marasela utilise la photographie, les transferts de photocopie, la sérigraphie et l’artisanat pour explorer la mémoire collective ainsi que la sienne. Son choix de tissus « écrus » (non traités), comme le calicot, juxtaposés au travail de grande qualité de la dentelle, a pour elle une relation très forte au colonialisme. Le processus très laborieux de la broderie est sa façon à elle de s’inscrire dans ce passé qu’elle veut explorer, et d’essayer d’élever l’imaginaire qu’elle s’est choisi, à un niveau de vénération et de respect.
Durant son séjour en tant qu’artiste en résidence, accompagnée de son fils de trois ans, à l’automne 2002, Senzeni Marasela participa à « Upstream » (En remontant le fleuve), une exposition organisée pour la commémoration de la création de la Compagnie des Indes orientales, il y a de cela 400 ans. Marasela lâcha trois cents bouteilles remplies de mouchoirs dans l’étang du Hortus Botanicus (Jardin botanique). Les mouchoirs étaient brodés de messages personnels et de déclarations de la Commission sud-africaine pour la Vérité et la Réconciliation.
